Mexico, la sublime imparfaite

Par Julie Corbeil
Mise à jour le 03 Mai 2018

Mexico, la sublime imparfaite

Quatre Mexicains et un Québécois au cœur aztèque nous guident à Mexico, ville de musées, de saveurs et d’imperfections.

Alberto Ruy Sanchez

Écrivain et éditeur

« Ils sont nombreux, les lieux qui m’enchantent, à Mexico. J’y vis depuis toujours. J’aime les deux mois de printemps durant lesquels toutes les rues et les avenues fleurissent avec les jacarandas, ces arbres caractéristiques de la ville, avec leurs fleurs violettes qui tombent tous les jours sur le sol, puis se renouvellent le lendemain.

Le quartier La Roma est parmi ceux que j’apprécie particulièrement. Pour moi, c’est la ville à dimension humaine, qui se marche et où se mélangent les vieux et les jeunes, les riches et les pauvres, les habitants récemment arrivés et ceux qui y sont depuis toujours. On y retrouve de petits ateliers de tous les métiers artisanaux : charpentiers, cordonniers, électriciens… aux côtés de nombreux restaurants, du plus cher au plus abordable. »

Mes adresses

Crédit : Shutterstock
crédit photo: Marché de Xochimilco, Shutterstock

Ricardo Ruiz

Directeur général des taquerias El Tizoncito

« Pour moi, il ne fait aucun doute que Mexico est une destination gastronomique. C’est ce qui me rend fier de ma ville. Des gens ont immigré de partout au pays pour venir s’y établir, et cette diversité se ressent dans le choix infini de restaurants. Toutes les cuisines régionales sont représentées, et ce, à tous les prix!

Les Chilangos – les habitants de Mexico – adorent s’arrêter dans un kiosque en bordure de la rue pour s’offrir, par exemple, un taco al pastor (porc mariné, ananas, oignons, coriandre), un mets très caractéristique de la ville. On le déguste à toute heure du jour et de la nuit dans tous les quartiers, qu’on soit riche ou pauvre. Bien sûr, nous aimons leur saveur, mais aussi leur côté pratique : rien de plus facile que d’attraper des tacos sur le pouce lorsqu’on est pressé. Ça fait vraiment partie de notre mode de vie! »

Mes adresses

    • Le restaurant El Tizoncito (le mien), parce que c’est là qu’a été créé le taco al pastor, il y a 50 ans, et que c’est toujours le meilleur!
    • Le restaurant La Antigua Hacienda de Tlalpan, pour sa cuisine traditionnelle impeccable depuis 1837 et sa vue sur une rivière et un cadre foisonnant de végétation.
    • El Estadio Azteca, parce que c’est le plus grand stade de soccer en Amérique latine et que c’est aussi un joyau architectural. J’y ai passé les plus beaux moments de mon enfance.

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Sindy Hernandez

Fondatrice du marché de produits bios et locaux El Cien et agricultrice

« Je vis une espèce de relation amour-haine avec la ville de Mexico. C’est compliqué de vivre dans cette capitale, avec sa population de 21 millions d’habitants. Ça provoque de nombreux problèmes sociaux. Peu de gens recyclent, les transports en commun ne sont pas adéquats, la qualité de l’eau n’est pas bonne…

J’aime toutefois la diversité que cette grande population amène. Les habitants de la ville viennent de partout au Mexique et apportent avec eux leurs idées. Ensemble, on pourrait changer bien des choses. L’université est un bon endroit pour y réfléchir.

J’aime d’ailleurs beaucoup me promener dans la Ciudad Universitaria, située un peu en retrait du centre-ville. J’ai eu la chance d’étudier là-bas. Il y a des activités culturelles toute l’année et c’est plein de vie! »

Mes adresses

      • La Bibliothèque Centrale de la Ciudad Universitaria, la plus belle et la plus grande de la ville. La murale de sa façade est classée sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.
      • Le parc Chapultepec, une forêt unique dans la ville, avec un château et un lac. Parfait pour une balade.
      • Le marché El Cien, fondé par des jardiniers-maraîchers qui vendent leurs produits écologiques et locaux.
Crédit photo: Shutterstock
Crédit photo: Bibliothèque centrale, Shutterstock

La Vaquerita

Athlète professionnelle de lucha libre

« Je suis venue m’installer à Mexico il y a six ans pour y faire carrière comme lutteuse professionnelle. J’avais une idée un peu négative de la capitale. À mon arrivée, j’ai vécu ma première expérience de métro bondé à l’heure de pointe. Je me suis vraiment demandée ce que j’étais venue faire ici. C’était la cohue!

Puis, lorsque j’ai découvert le magnifique quartier de Coyoacan, très calme et ponctué d’espaces verts, je suis tombée sous le charme. J’adore aller m’y promener le dimanche avec mes amis pour regarder les amuseurs publics et les musiciens qui sont installés sur les grandes places, ou simplement pour m’asseoir sur une terrasse et regarder les gens passer. Mais surtout, Mexico demeure pour moi une ville agréable, où tout est possible… »

Mes adresses

      • L’Arena Mexico, pour vivre l’expérience de la lutte mexicaine dans une ambiance familiale et colorée.
      • Le Jardin centenaire de Coyoacan, pour son atmosphère familiale, son architecture coloniale et sa célèbre fontaine aux deux coyotes, qui sont les emblèmes du quartier.
      • La Plaza Garibaldi, pour écouter les groupes de mariachis avec mes amis autour d’un bon repas.
Jardin de Coyoacan, Shutterstock
Crédit photo: Jardin de Coyoacan, Shutterstock

René Derouin

Artiste québécois multidisciplinaire, récipiendaire de l’Ordre national aztèque pour son apport à la culture mexicaine.

« Selon moi, Mexico est la ville la plus importante des Amériques. Elle a 3 000 ans d’histoire! Beaucoup de gens l’ignorent, mais c’est une ville de musées. Il y en a plusieurs centaines sur tous les sujets.

J’ai découvert mon amour pour l’art public et l’architecture quand je suis allé à Mexico pour la première fois, en 1955. J’étais alors fasciné par cette cité colorée avec ses quartiers coloniaux, sa nature et ses grands boulevards.

Avec l’arrivée de l’autoroute, la capitale a bien changé, mais elle demeure un lieu culturel très important. »

Mes adresses

      • Le Café de Tacuba, un des plus anciens lieux de restauration du centre historique. Ambiance familiale et serveuses en costume traditionnel.
      • Le Musée Tamayo, pour son architecture à moitié sous terre et ses expositions d’art contemporain surprenantes.
      • Le Musée national d’anthropologie, parce que c’est le plus grand musée du pays et que son architecture, inspirée de la culture précolombienne, demeure très contemporaine.

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